Lecture

La solitude des nombres premiers

Titre : La solitude des nombres premiers
Auteur : Paolo Giordano
Editeur : Seuil

La photo est volontairement sombre, je trouve ça plus à l’image du roman, même si il n’est pas déprimant, il ne traite pas de thèmes très joyeux.

Ce roman, c’est l’histoire de deux personnes que l’on rencontre enfants et que l’on suit tout au long de leur vie. Tout d’abord nous rencontrons Alice qui vient d’un milieu aisé, elle a eu un accident de ski dans son enfance,  elle en gardera des séquelles puisqu’elle est restée handicapée de la jambe gauche. Elle en veut d’ailleurs terriblement à son père. Avec le temps elle développe des problèmes d’anorexie. Nous rencontrons ensuite Mattia, issu d’un milieu moins aisé qu’Alice. C’est un génie des mathématiques, rien ne lui résiste dans ce domaine. Il est associable et se sent coupable de la disparition de sa sœur jumelle handicapée mentale.

Nos deux jeunes gens vont se rencontrer au lycée, et il n’est pas facile de nouer des liens avec les autres quand la vie ne nous a pas épargné, qu’elle nous a rendu solitaire, qu’elle nous a mis de côté. Alice et Mattia arrivent néanmoins à se lier, s’aimer malgré tout. Et tout le roman tourne autour de leur histoire. Il se lient, se délient, se retrouvent, se reperdent…

Et c’est de cette manière que nous arrivons déjà à la fin du roman. Une fin qui m’a un peu déçue, comme souvent quand ça ne se termine pas comme on l’aurait souhaité. Mais bon, quand on est lecteur, on apprend à vivre avec la frustration des fins qui ne sont pas celles qu’on aurait choisies ahah.

Malgré ces 329 pages, il se lit très vite, pas de longueurs, j’ai même eu du mal à le lâcher. Peut-être parce que je me retrouvais dans certaines parties… Et puis, ce roman soulève malgré tout pas mal de questions telles que :

  • Pouvons nous oublier, faire abstraction, guérir de notre enfance ?
  • Comment trouver sa place dans la société ?

Mais il explore plus ou moins rapidement différents thèmes :

  • L’anorexie
  • La perte d’un proche quand nous sommes enfants
  • La culpabilité et la réflexion d’un enfant
  • Le harcèlement scolaire
  • La différence
  • L’amour
  • L’influence bonne ou mauvaise des autres sur notre vie.

En fait, ce roman m’a touché parce que j’ai moi aussi vécu le harcèlement scolaire, notamment au collège. Je vais pas être sympa dans mes propos envers cette personne… Mais cette pouffe, enfin c’était plus que ça… plus âgée que moi, s’amusait à me voler des trucs avec ses copines pouffes aussi, à me tirer les cheveux etc… Parce que je n’étais sûrement pas comme elles, j’étais une fille simple qui habitait en campagne. Mes parents étaient divorcés et c’était très compliqué, mon père n’est plus venu nous chercher du jour au lendemain mon frère et moi, j’avais un beau-père alcoolique, nous n’avions pas beaucoup d’argent, j’étais passionnée par les chevaux et la lecture, du coup je me foutais un peu de ma façon de m’habiller etc… Je n’avais pas le droit de me maquiller, je ne sais d’ailleurs toujours pas me maquiller aujourd’hui. Et comme nous n’avions pas beaucoup d’argent, c’est clair que je n’avais pas de fringues de marques. Pour peu que je travaille à l’école, j’étais catégorisée intello… Mon grand-père dont j’étais très proche est décédé d’un cancer durant cette période… J’avais donc hâte de finir le collège. Et puis du coup on essaie de faire comme les « populaires » niveau style sauf que sur nous c’est ridicule. M’enfin, cette période est désormais loin derrière moi.

Ensuite la réflexion d’Alice qui est anorexique, je me suis faites les mêmes. Arrivées au lycée, j’ai commencé à me rebeller, je suis passée d’un style emo (ouais chut) à un style bcbg. J’ai pris de l’assurance et je savais que je plaisais. La seule personne à qui je ne me plaisais pas c’était moi-même. J’ai arrêté de manger, du moins je mangeais peu. Le soir quand je rentrais des cours à 17h, (j’étais déjà indépendante, je vivais seule la semaine), je prenais un goûter rapide et j’allais me coucher vers 18h pour ne pas manger. Et petit à petit j’ai fini par ne plus manger ou presque. Le médecin a appelé ça de l’anorexie-boulimie. Quand j’étais étudiante je mangeais tout ce que je trouvais quand j’avais faim et après je ne mangeais plus pendant plusieurs repas. Dès que mon ventre n’était plus plat je m’arrêtais de manger pendant plusieurs repas pour retrouver mon ventre. Il m’était inacceptable de passer à une taille 36, de dépasser les 45kg. Et puis j’aimais cette sensation d’auto-destruction. J’étais dépressive et je le suis encore (mais ça, ça fera peut-être partie d’un autre article si je lis un roman qui parle de dépression). C’est vrai, sentir le pouvoir de vie ou de mort sur soi est grisant, pour me couper la sensation de faim je fumais une cigarette. Ca n’aidait pas, et ça me plaisait, j’avais même des vertiges, en fait je testais mes limites je pense. Depuis ça va mieux, j’ai rencontré mon conjoint, et depuis je m’accepte un peu plus comme je suis, même si j’ai pris 12kg en presque 4 ans d’amour… Je suis passée à la taille 36, ça a été dur mais je fais avec parce que pour le coup, c’est aussi que, avec le boulot que je fais je me suis musclée le dos et les bras… Ca va beaucoup mieux, je ne me prive plus de manger et je m’accepte, c’est normal pour beaucoup d’entre vous, mais pour moi ça reste un miracle.

 

Voilà, j’arrête de me confier parce que sur chaque article j’ai l’impression de vous raconter ma vie.

 

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